ateliers d'écriture sur le thème de la tenue de travail, menés à Saint-Brieuc en septembre et octobre 2012
(les glaneuses détournées sont de Banksy)

vendredi 5 octobre 2012

C'était...

C'était déposer les enfants à la garderie de l'école du quartier avant d'attraper le but qui m'amenait au métro, et c'était avoir envie de les retrouver au plus vite le soir et rêver de faire le travail buissonnier pour un jour.
C'était rester debout, sortir mon livre, ne croiser aucun regard et compter 8 arrêts avant de descendre et c'était toucher dans la poche de ma veste un coquillage des vacances et rêver d'y être encore.
C'était marcher le plus vite possible pour gagner du temps sur le temps que j'avais à travailler, prendre l'ascenseur qui m'amenait à mon bureau et c'était de me dire qu'un jour...

Joelle

C'était...


C'était marcher, courir, haleter comme chaque jour et rattraper un temps que l'on croyait perdu
c'était regarder, ses chaussures bleu azur et mieux suivre les autres sans se soucier des autres.
C'était prendre un bain de cette foule écoeurante à défaut de toilette et se laisser porter par la masse en mouvement.
C'était sentir son corps, assailli de toute part et voir sa belle cravate, orange et parfumée, coincée dans une porte, celle d'un bus bondé, démarrant comme un fou.
C'était rêver un temps, d'en finir pour longtemps, d'échapper à la horde et de marcher au calme pour la dernière fois, le dernier instant, du dernier jour dernier.
C'était s'arrêter à la porte, la même depuis 20 ans et savoir qu'à 20h, l'avion décollerait pour ne plus revenir.
C'était partir au loin, dans un désert sans nom, sous une tente modique, entouré d'animaux.
C'était agiter le réel pour chasser la fiction et se dire que cette fois, le pas était franchi.

Arnaud

C'était...


C'était la sonnerie du radio-réveil qu'on éteint et qui se rallume à intervalles réguliers, jusqu'à la satisfaction de voir sa carcasse fatiguée du week-end se lever avec peine.

C'était le bol à pois rouges, un peu ébréché, d'où s'échappait la fumée rassurante d'une chicorée à peine sucrée.

C'était le passage éclair dans la salle de bain à la lumière blafarde, la douche à peine tiède.

C'était vérifier avant de partir rejoindre les habitués de la ligne B du RER que les dernières paillettes avaient bien été avalées par le siphon.

C'était poser ses fesses sur un strapontin à peine ouvert et se fondre dans la masse des costumes-cravattes monotones.

C'était glisser sa main dans sa poche pour être bien sûr de n'avoir pas oublier son badge à peine usé par quelques mois de "bip bip" à la porte de l'entreprise d'import-export.

C'était se glisser dans un bureau à peine grand comme un wagon de RER et saluer les trois collègues qui partageaient ce quotidien de chiffres et de données.

C'était, avant de se plonger dans les tâches répétitives qui n'allaient pas manquer d'arriver, glisser sa main dans l'autre poche et sentir le petit bout de mousse rouge qui transformait chaque week-end l'homme de bureau en Monsieur Chocolat, clown de son état.

C'était un regard amusé, à peine dissimulé, de ses trois collègues sur ses drôles de chaussures, seul indice visible de sa drôle de vie.

Agnès

mardi 2 octobre 2012

Plongée, 3e épisode















Cette semaine, les ateliers sont plus nombreux (j'interviens également au Centre de Formation des Apprentis de Ploufragan) et les textes ne me parviennent pas tous à la même cadence. Rien d'étonnant si les billets de ce blog commencent à se succéder un peu dans le désordre...
Pour suivre le fil, n'hésitez pas, donc, à cliquer dans la partie Libellés située à droite.

Rappel : 

Tenue de travail regroupe les textes écrits par les participants de l'atelier. Une majorité des billets est liée à ce mot-clé.
Tenue de route rappelle les consignes d'écriture et donne des éléments sur les livres ou textes cités durant l'atelier.
Tenue de ville rassemble des éléments sur mon travail (il n'y a qu'un article pour le moment).
Tenue de plongée est un petit journal de résidence qui me sert également, comme vous pouvez le constater, à faire passer quelques informations.

D'ailleurs, message de service destiné à ceux de la séance du lundi au Conseil Général : je n'ai toujours pas entendu dire qu'on changeait de salle... Rendez-vous, donc














dos ou face à la vue, comme d'habitude !

Enfin, dernière chose : je n'ai pas pensé à vous le dire, mais n'hésitez pas à donner des titres à vos textes. Ce sera plus simple pour vous, ensuite, de les retrouver ici.

Celle-là qui est moi...


Celle-là qui est moi qui choisit sa tenue en fonction de sa journée de travail n’est pas toujours interchangeable avec celle qui enfile son sweat et chausse ses chaussures de rando le dimanche.

Celle-là qui est moi qui sillonne le département, qui stresse pour assurer sa formation informatique au groupe de professionnels réfractaires, qui garde le sourire, fait attention à ses paroles n’est pas toujours interchangeable avec celle qui fait la fête, celle qui chante à tue-tête et qui chante très faux.

Celle-là qui est moi qui s’arme de patience, qui travaille en équipe n’est pas toujours interchangeable avec celle qui apprécie la solitude de la mer en hiver.

Celle-là qui est moi qui écoute, qui reste optimiste pour ses enfants, ses amis, sa famille n’est pas toujours interchangeable avec celle qui se pose des questions sur l’avenir.

Minibreiz

Celle-là qui est moi...

Celle-là qui est moi peur d'arriver en retard, peur de rater sans faire exprès
ennuyée d'une réprimande, butter sur une tâche inconnue, n'est pas toujours interchangeable avec celle qui a le temps, prend le temps, se lance dans des tâches tout à fait nouvelles, innove.

Raymonde

vendredi 28 septembre 2012

Plongée, 2e épisode

des rêves baroques, on n'en fait pas 

Celle-là qui est moi et qui anime les ateliers n'est pas toujours interchangeable avec celle qui voudrait se remettre à écrire à partir de Daguerréotypes, le documentaire d'Agnès Varda.
Pourtant, sans le savoir peut-être, quelque chose lie les séances d'écriture du lundi et du mardi à ce projet en cours. 
Et d'une certaine façon, les commerçants de la rue Daguerre, filmés par la cinéaste en 1975, ont participé au dernier exercice, Celui-là/celle-là qui est moi. Regardez plutôt :